UNE 4E GÉNÉRATION PREND LA RELÈVE À LA LAITERIE CHALIFOUX

Chalifoux. Un nom présent sur la table des Sorelois depuis près de 100 ans.

Le nom de produits diversifiés, de la gamme Riviera, qui satisfont tous les consommateurs, des bébés aux aînés.

Le nom d’une famille aussi qui, à travers quatre générations, a su développer de nouveaux produits, année après année, avec ténacité.

En effet, Alain (de retour depuis 2009), Maxime (présent depuis 2014) et Mélanie (présente depuis 1998) ont pris progressivement les rênes de l’entreprise que leur père respectif, Jean-Pierre et André, et leur oncle Sylvain ont su mener au sommet de leur industrie. Une place que convoitait déjà le père des trois hommes, Jean-Paul, digne fils d’Alexandrina, femme au sens des affaires aiguisé qui, en 1920, quittait sa ferme pour aller vendre aux villageois les surplus de lait de son troupeau.

De génération en génération, coulent dans leurs veines l’amour de cette entreprise, la fierté des succès passés, et l’ambition d’en inscrire constamment de nouveaux.

UNE ENTREPRISE EN CONSTANTE ÉVOLUTION

Chaque génération a contribué aux avancées de l’entreprise. Les cousins germains, Alain et Mélanie en feront autant. Ils ont la tête remplie de projets, le premier en tant que président et la seconde à titre de directrice de la planification et de l’approvisionnement.

Alain et Mélanie sont très reconnaissants à leur père et leurs oncles de leur céder la place. C’est une belle preuve de confiance quant à leur vision des choses et de l’avenir. « Ils ont fait des sacrifices en acceptant de nous laisser la direction. Ils auraient pu décider de vendre à des étrangers et d’empocher l’argent. Dans l’industrie laitière, c’est souvent ainsi que cela se passe ces temps-ci », reconnaît Alain. « Ils ont signé les papiers. Les titres sont clairs. Au C. A., chacun a son champ d’activité. Nous prenons la suite en mains », précise Mélanie.

On peut dire que l’entreprise a bien évolué dans le temps. On est loin de la laiterie de départ, qui a été agrandie. Et de la production des premiers fromages Riviera, en 1959. Depuis, une large variété de fromages fins a été créée et toute une gamme de nouveaux produits ultra-frais ont vu le jour.

La famille Chalifoux et son équipe sont forts de tous les succès remportés jusqu’à présent. La Laiterie n’a cessé de gagner des prix pour ses produits. Un héritage important à porter pour les plus jeunes.

Aujourd’hui, l’entreprise compte environ 200 employés avec qui elle entretient des liens étroits, car elle a à cœur de continuer à créer cette atmosphère qui fait que chacun s’y sent chez soi.

«Sa gestion y est pour quelque chose», reconnaît Alain, qui rappelle que la fidélité de la clientèle n’est plus acquise comme elle le fut au début. «La compétition est forte, venant désormais de multinationales. Mais nous, on continue à parler de développement durable, de maintien des emplois dans la région. Ce qui exige une gestion serrée, une forte volonté de pouvoir transmettre un jour peut-être à la 5e génération une entreprise en santé! On a tous cette intention, mais nous n’emprunterons pas nécessairement le même chemin pour y arriver! »

HISTORIQUE

Chalifoux en quatre temps

Petite histoire d’une entreprise familiale presque centenaire

  1. Gagner les cœurs pour gagner du terrain, tel est le leitmotiv de la Laiterie Chalifoux. Et la trame de son histoire, qui débute en 1920 alors qu’Alexandrina Chalifoux distribue à ses voisins les surplus de son troupeau. Le lait est onctueux, la livraison porte à porte, efficace, et les affaires, florissantes.
  2. Si Alexandrina est reconnue comme la fondatrice, c’est son fils Jean-Paul qui joue le rôle du pionnier, avec une vision ambitieuse de l’avenir et toute l’audace nécessaire pour l’orchestrer. À cette époque, l’industrie laitière du Québec est composée de quelque 5 000 petites entreprises familiales. Pour se démarquer, Jean-Paul joue la carte de la rapidité : il sera l’un des premiers à obtenir un permis de pasteurisation en 1942; puis, en 1945, le droit de s’approvisionner chez d’autres producteurs. En 1959, il devance encore l’industrie en se lançant dans la fabrication de cheddar. La marque Riviera est née, Chalifoux embrasse un nouvel avenir.
  3. L’avenir, c’est Jean-Pierre, le conquérant. Diplômé de l’école des Laiteries de Saint-Hyacinthe et avec l’aide de ses frères André, Jacques et Sylvain, il s’attelle à la modernisation tous azimuts de l’entreprise : collecte du lait, équipements, processus de fabrication et de gestion, tout y passe. Parallèlement et pour gagner de nouveaux marchés, il rachète des concurrents stratégiques – comme la laiterie Sorel ou la Coopérative Fort Richelieu –, et s’implante chez des distributeurs nationaux. Ainsi, si elle représente une indéniable réussite commerciale, l’entrée chez Steinberg a surtout une portée symbolique : désormais, Chalifoux joue dans la cour des grands.
  4. Dans cette cour, à l’aube des années 2000, il n’y a plus que 200 joueurs au Québec, producteurs passionnés, PME familiales ou multinationales puissantes. Reconnue comme la plus grande des petites entreprises – ou la plus petite des grandes entreprises, selon le point de vue – la Laiterie Chalifoux a tout pour réussir, à commencer par ses dirigeants, Alain et Mélanie Chalifoux. Des cousins issus de la 4egénération, qui ont étudié l’un, la technologie alimentaire, et l’autre, l’ingénierie industrielle. Fidèles à l’esprit novateur de leurs aïeux, ces deux stratèges foncent pour devancer les tendances et suivre le consommateur dans ses nouvelles habitudes alimentaires. On leur doit les nouveaux fromages fins, la nouvelle image de marque de Riviera et de Chalifoux, la conquête de l’Ontario et de l’Ouest canadien, la nouvelle usine de Sorel-Tracy… et ce n’est qu’un début.